Non au projet de pont et de port
MOBILISONS-NOUS | NON au projet de PONT et de PORT
La Municipalité se met en action pour s’opposer au projet de pont et au projet de port prévus sur Vigneux-sur-Seine et impactant l’environnement direct d’Ablon-sur-Seine. Retrouvez toutes les informations sur cette page.

Un projet de port industriel sur les rives de Vigneux-sur-Seine, en face des quais d’Ablon
Les élus de la commune d’Ablon-sur-Seine ont découvert qu’un projet de port industriel était mené au début de l’année 2023 par la société HAROPA PORT sur les rives de Vigneux-sur-Seine en face du quai Pasteur et du quai de la Baronnie d’Ablon.
Le projet dans ses grandes lignes
Convoquée à ce propos, la direction d’HAROPA PORT a reconnu travailler à l’installation d’un port industriel sur les terrains de 107 hectares leur appartenant depuis 1994 dans le secteur dit de la Saussaie des Gobelins et de l’Île Brune en bord de Seine. Ce projet consisterait en l’urbanisation de ce site autour d’une darse (un bras d’eau créé artificiellement) pour accueillir de grandes péniches porte-conteneurs et ainsi développer des activités logistiques et de BTP (comme des matériaux de construction etc.). Une usine de production d’hydrogène pourrait également être installée pour alimenter l’aéroport d’Orly, probablement via de nouveaux pipelines dangereux au travers de notre territoire communal. De nouveaux aménagements routiers devront être prévus pour permettre la circulation de milliers de poids lourds supplémentaires, notamment au niveau de la RN6 voire un nouveau franchissement de Seine pour relier par la route la zone industrielle au MIN de Rungis et à l’aéroport d’Orly.
> Ci -dessous le schéma de principe du projet de Port Haropa (avril 2024) :

Les services d’HAROPA PORT nous assurent de la bonne intégration du projet dans l’environnement et de l’absence de nuisances de cette plate-forme industrielle et de ses conséquences mais la nature, la localisation et les dimensions du projet seront immanquablement une source de nuisances graves pour les habitants et une dégradation inadmissible de notre cadre de vie.
> Cliquez sur l’image ci-dessous pour lire le courrier de HAROPA PORT envoyé en juin dernier à Monsieur le Maire :
Copie du courrier adressé au Maire de Vigneux-sur-Seine au sujet des terrains HAROPA PORT à Vigneux-sur-Seine
HAROPA PORT, qu’est-ce que c’est ?
Établissement public d’État sous la tutelle du ministère de la Transition Écologique, HAROPA PORT est issu de la fusion en 2021 des ports maritimes du Havre et de Rouen ainsi que des ports fluviaux de Paris qui formaient déjà une entité commune depuis 2012. Il exerce notamment des missions à caractère administratif, industriel et commercial. Son activité maritime et fluviale annuelle s’élève à 106 millions de tonnes et génère 7,3 milliards d’euros de richesse.
Les ambitions affichées par cet établissement public incluent notamment de « faire des zones industrialo-portuaires des ports de l’axe Seine des lieux privilégiés du redéveloppement industriel de la France » et « Développer les modes massifiés (fer, fleuve, pipeline) depuis et vers HAROPA PORT ».
> Cliquez sur l’image ci-dessous pour retrouver les chiffres clés d’Haropa :
La commune d’Ablon se mobilise pour exprimer son opposition résolue à ce projet de port industriel qui va dégrader la qualité de notre cadre de vie et générer de nouvelles nuisances qui ne sont pas acceptables.
Les arguments développés par la commune d’Ablon légitimant un refus total de ce projet de port industriel et de ses conséquences
Un projet dévastateur pour l’environnement
En tant que citoyens français, nous observons que le projet s’inscrit en contradiction avec toutes les politiques publiques d’environnement – Territoire, Département, Métropole, Région, État et Communauté Européenne – qui s’accordent pour reconnaître l’urgence climatique comme première priorité de l’Humanité. Il conduit en effet :
- à la destruction et à l’artificialisation de plus de 50 hectares de zones humides et de terres agricoles dans un territoire où l’urbanisation a depuis les trente glorieuses fait payer un lourd tribut à l’environnement et à la qualité de vie des populations. Ces terrains sont d’ailleurs classés « N » dans le plan local d’urbanisme de Vigneux-sur-Seine, c’est-à-dire une zone naturelle qui a vocation à être préservée ;
- à la déforestation d’au moins 30 hectares en bordure de Seine, déforestation obligatoire du fait de la construction du port et du décaissement des rives nécessaire pour compenser le remblaiement de la zone industrielle projeté sur la zone d’expansion de la Seine en cas de crue. On notera à ce propos que le remblaiement déjà exécuté dans les années 90-2000 n’a à notre connaissance pas été compensé, mettant ainsi à risque les populations d’Ablon-sur-Seine et des alentours en cas de crue, comme on a pu le constater en 2016 et en 2018 ;
- à la destruction d’un des derniers paysages naturels des rives de Seine en Île-de-France, par la construction d’installations industrielles annoncées à 20 m de hauteur au-dessus du sol remblayé, soit entre 25 et 30 m au-dessus du niveau du fleuve, l’équivalent d’un bâtiment de 10 étages ! La qualité inégalée de ce point de vue presque champêtre à proximité de Paris est une richesse inestimable pour les Ablonais, les Vigneusiens, les Athégiens et plus généralement tous les riverains qui vivent ou circulent sur ces bords de Seine. C’est un patrimoine naturel qu’il nous appartient de préserver ;
- à la perturbation voire à l’effondrement de la biodiversité locale, par des travaux, des constructions et des utilisations des sols et de l’eau incompatibles avec le développement et le respect du biotope qui existe aujourd’hui. Il a notamment été repéré sur le secteur des essences végétales rares et des espèces d’oiseaux protégées dont une dizaine présentent des enjeux de conservation forts.
Une empreinte carbone intolérable
Si la présentation qui a été faite du projet tente de le justifier par le développement du trafic fluvial et une réduction des émissions de CO2, cette même présentation omet de préciser les facteurs négatifs pour l’empreinte carbone :
- Travaux de construction pharaoniques : transformation du relief, création du port, artificialisation des sols, construction des bâtiments et des installations…. Rappelons que le secteur de la construction est responsable à lui seul de plus de 25 % des émissions de gaz à effet de serre en France ;
- Opérations industrielles sur le site pendant les dizaines d’années de la durée de vie du port ;
- Supplément de trafic routier régional de poids lourds. Il faut à ce propos rappeler que toute rupture de charge dans le cycle de transport des marchandises (comme le déchargement de péniches dans des camions) a son prix en émissions carbonées.
En l’absence de tout bilan carbone sur l’ensemble de l’opération, il est légitime de penser que l’impact climatique du projet sera fortement négatif.
Des nuisances insupportables pour les riverains
En tant que riverains et en tant qu’élus responsables de la santé et de la qualité de vie de nos administrés, nous nous élevons bien évidemment contre les nuisances qui ne manqueront pas de résulter d’un tel projet, implanté à quelques dizaines de mètres des habitations :
- Bruit résultant des manutentions sur le port, notamment pour les matériaux de construction ;
- Bruit des péniches manœuvrant sur la Seine à quelques dizaines de mètres des habitations pour entrer et sortir du port ;
- Pollution de l’air par les machines, la poussière et les véhicules, et pollution de l’eau par le fret fluvial et l’activité industrielle ;
- Aggravation du risque d’inondation par une artificialisation partielle de zones d’expansion des crues ;
- Création de nouveaux risques technologiques liés à des infrastructures dangereuses comme une usine d’hydrogène dont le danger intrinsèque pourrait être augmenté par le risque d’inondation et la proximité de voies ferrées ;
- Enfin, le chantier en lui-même génèrera des nuisances sur une période de temps conséquente. Personne n’a oublié à quel point la construction du collecteur d’eau du SIAAP sur les rives de Vigneux-sur-Seine en face d’Ablon puis le démontage du chantier furent une source de nuisances sonores, de vibrations et de désagréments majeurs pour les Ablonais. Or les opérations de terrassement et de construction requises par le projet de port seront immensément plus importantes et impactantes, avec en perspective des années de chantier.
La commune d’Ablon-sur-Seine est déjà sinistrée par les nuisances sonores et la pollution de l’aéroport d’Orly, au point d’impacter la durée de vie des habitants. Ces nouvelles nuisances viendraient s’y additionner. Un tel traitement serait totalement injuste et insupportable pour les populations. Nous ne voulons pas être réduits à un « territoire servant » de Paris ou des bassins d’emploi d’Orly-Rungis. Les Ablonais méritent un cadre de vie de qualité.
L’enquête publique lancée par la région Île-de-France relative au SDRIF-E est terminée depuis le 16 mars 2024, et ce Schéma Directeur Environnemental a été voté le 11 septembre de la même année.
Un accroissement du trafic routier qui ne peut pas être absorbé
Les travaux dans un premier temps, puis dans un second temps le fonctionnement du port de la zone industrielle, vont générer un supplément important de trafic routier régional de poids lourds. Pour l’heure et en l’absence d’informations de la part d’HAROPA, nous avons estimé que le projet nécessiterait environ 750 poids lourds par jour, soit 1500 mouvements de véhicules donc 1 poids lourd toutes les 30 secondes ! Le projet prévoit des aménagements pour un accès routier sur la RN6 au niveau du carrefour dit « Le réveil matin ».
Or tous les riverains savent pertinemment que la RN6 est quotidiennement bloquée au niveau de cet accès.
Cette solution n’est pas responsable et est d’ailleurs contredite par le rapport de la Cour des Comptes S 2016-1537 de juin 2016 sur le Port Autonome de Paris, qui indique en page 44 que « le manque d’infrastructures routières est une des explications de la non-réalisation du projet de port de Vigneux ». Les infrastructures routières de 2016 étant identiques à celles d’aujourd’hui et le trafic routier ayant encore augmenté depuis, l’analyse de la Cour des Comptes sur ce point se confirme. Il est difficile de croire le porteur du projet qui prétend que tout le trafic routier, c’est-à-dire les marchandises et matériaux, vont repartir vers le sud de l’Île-de-France, et non pas vers le nord et les pôles d’Orly et de Rungis. Ces milliers de poids lourds hebdomadaires contribueront à engorger les ponts de Villeneuve et de Juvisy, les routes nationales 6 et 7, l’accès à Orly et Rungis et plus généralement tout le secteur.
Un projet de franchissement de seine, corollaire du projet de port
La réalisation de ce projet de port industriel génèrera tant de fret routier que la nouvelle congestion créée pourrait justifier pour certains la réalisation d’un nouveau franchissement de Seine. Ce vieux projet de pont entre Athis-Mons et Vigneux, initialement prévu pour un trafic local de circulations douces et de transports en commun deviendrait alors un franchissement routier à forte capacité (2×2 voies), porté par un viaduc de 27 m de haut, et reliant la RN6 à la RN7 puis à terme à l’A6.
Ce franchissement et le viaduc qui s’y attache achèveraient la destruction complète de l’environnement naturel et paysager de la vallée de la Seine entre Essonne et Val-de-Marne. Le coteau d’Athis-Mons serait défiguré, l’un des poumons verts de Vigneux serait dénaturé et la perspective depuis Ablon serait saccagée. Quant au supplément de trafic généré, il finirait de congestionner les hauts d’Athis-Mons et paralyserait l’accès Sud de l’aéroport d’Orly.
Un projet inacceptable
Nous vous proposons de nous rejoindre dans l’opposition à ce projet de port industriel mené par la société HAROPA PORT. Nous nous y opposons tant au titre de citoyens français – un projet en contradiction avec toutes les politiques publiques d’urgence climatique et de préservation de l’environnement – qu’au titre d’élus locaux et de riverains – un projet dégradant encore plus la qualité de vie des populations alentour qui seraient sacrifiées sur l’autel de considérations économiques anachroniques au regard des préoccupations de notre temps.
Nous sommes particulièrement alarmés par le caractère irréversible des dommages que ce projet causerait à l’environnement, et par les conséquences indirectes désastreuses qu’il ne manquerait pas d’entraîner, comme un franchissement routier de la Seine à visée industrielle.
Nous nous sentons le devoir de préserver l’avenir des futures générations.
> Consultez le vœu exprimé au Conseil Municipal du 5 octobre 2023 :
Consultez en cliquant ci-dessous sur les logos les courriers des Maires adressés à HAROPA PORT :
Informations complémentaires
Le Service Urbanisme se tient à votre disposition pour toute demande d’informations complémentaires :
- 01 49 61 33 56
- urbanisme@ville-ablonsurseine.fr