Histoire et patrimoine
Origine du nom
Ablon tire vraisemblablement son nom de Abluvium ou Ablonium, en référence aux alluvions de la Seine, ou d’Ablette, petit poisson de rivière.
Une histoire liée au fleuve
Ablon-sur-Seine, autrefois nommée Ablon (ou Ablons), est une commune française située dans le département du Val-de-Marne, en région Île-de-France, à 4 lieues de Paris sur la rive gauche de la Seine. Son histoire remonte à l’époque gallo-romaine, où la présence humaine est attestée par la découverte de vestiges archéologiques.
Au Moyen Âge, Ablon-sur-Seine fait partie du domaine royal et est notamment mentionnée dans des documents datant du XIe siècle. On y observait une population vivant dans les bois et les marécages qui tire sans doute profit de la proximité du fleuve. Le hameau, qui dépend de la paroisse d’Athis tout comme la cité voisine de Mons, se développe autour de son église. L’Abbaye de Saint-Victor y exerce son pouvoir. Au fil des siècles, Ablon-sur-Seine reste un village rural, principalement axé sur l’agriculture et la viticulture.
Le territoire est partagé entre deux seigneuries : celle de Mons et celle du châtel d’Ablon.
Le premier château a été édifié en 1348 par un bourgeois parisien, Jacques de Pacy. Le bâtiment du châtel d’Ablon est flanqué de 4 tours et est toujours visible en bord de Seine au 7, quai Magne. Il fut aussi habité par Agnès Sorel, maîtresse de Charles VII, qui apporta quelques modifications à la bâtisse.
Au XVe siècle, l’activité des habitants d’Ablon est concentrée autour de la vigne ou de la Seine (pêche, bac, halage).
La seigneurie de Mons est en la possession d’Enguerrand de Marigny, puis de Nicolas d’Estouteville qui lui succède avant de la vendre au chapitre de Notre-Dame de Paris en 1417. Celle du castel d’Ablon relève de Mathurin de Douzonville, puis de la famille Cénasme originaire d’Italie.
Les commerçants de vins et quelques bourgeois déposent à cette époque leur stock de vin à Ablon qu’ils font ensuite entrer en ville suivant leurs besoins. Les années passant, les entrepôts vont se rapprocher de Paris.
Au XVIe siècle, les guerres de religion déchirent la France. Henri IV, par l’édit de Nantes de mars 1598, avait permis aux protestants l’exercice public de leur culte hors des murs de Paris. Il autorisa ainsi la construction d’un temple à Ablon. Sully se rendait chaque dimanche au temple d’Ablon alors que François de Lohéran, un calviniste, acquiert la seigneurie du châtel d’Ablon. Comme il était impossible aux vieillards, aux femmes et aux enfants de faire le trajet de la capitale à Ablon en un seul jour pendant l’hiver, il fut permis en août 1606 de construire un nouveau temple, plus proche de Paris, à Charenton-Saint-Maurice.
Au XVIIIe siècle, le village doté d’un port développe le commerce du bois, du charbon, et surtout du vin (Beaujolais). Fin XVIIIe, Ablon devient une paroisse et une commune autonome.
Au XIXe siècle, alors que l’activité commerciale subit une rude concurrence, Ablon devient, avec l’arrivée du chemin de fer, un lieu de villégiature pour les Parisiens et connaît un certain essor économique. La commune se trouve en effet sur la ligne reliant Paris à Orléans. Cette situation favorise le développement des activités industrielles, notamment avec l’implantation de plusieurs usines.
Au tout début du XXe siècle, des navettes fluviales reliaient Ablon à Paris. L’activité économique d’Ablon a toujours été liée au fleuve, tant par les cultures favorisées par les sols limoneux que par le commerce. Face au fleuve, la ville a été lourdement impactée par les inondations de 1910.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Ablon-sur-Seine est occupée par les troupes allemandes. La commune subit des bombardements et des destructions, notamment lors des combats de la Libération en août 1944. Après la guerre, la reconstruction s’organise et Ablon-sur-Seine retrouve peu à peu sa quiétude.
Au cours des dernières décennies, la commune a connu une urbanisation croissante, avec la construction de logements et l’extension de son territoire. Malgré cela, Ablon-sur-Seine a su préserver un environnement naturel agréable, notamment grâce à la présence de la Seine et des espaces verts.
Aujourd’hui, Ablon-sur-Seine est une commune traditionnellement résidentielle, à l’urbanisme majoritairement pavillonnaire, qui offre un cadre de vie paisible à ses habitants. Elle dispose également de divers équipements et services. La commune est bien desservie par les transports en commun, notamment grâce à sa gare ferroviaire.
En résumé, l’histoire d’Ablon-sur-Seine est marquée par son évolution depuis un village rural médiéval jusqu’à une commune résidentielle moderne, en passant par des périodes d’industrialisation et de reconstruction après la Seconde Guerre mondiale.
Blason
Description héraldique : « D’azur à la fasce ondée d’argent, chargée de trois ablettes de sable posées en bande, accompagnée d’un rais d’escarboucle fleurdelisé d’or en chef et d’un pampre du même en pointe. ».
Ornements extérieurs : L’écu est timbré de la couronne murale d’or à 3 tours crénelées. Il est soutenu de 2 branches de lis d’argent, fleuries chacune de 3 pièces du même et croisées en pointe en sautoir.
Symbolique : Les 3 ablettes concrétisent donc le nom d’Ablon, lieu de pêche réputé sur la Seine. Ne fut retenu que le symbole des possesseurs des coteaux d’Ablon et de Mons depuis le XIIe siècle, les moines de l’Abbaye de Saint-Victor, qui portait « d’Azur au rai d’escarboucle fleurdelysé d’or ». Ces moines firent cultiver les terres et une vigne florissante et renommée mûrissait sur le coteau. C’est ce rappel qui figure en pointe de l’écu concrétisé par un pampre. Le champ d’azur de l’écu qui est celui des armes de l’Abbaye de Saint-Victor est également le symbole de la Sainte Vierge. Enfin, les lis qui entourent l’écu sont un rappel de ceux figurant sur les armes du célèbre collège d’Ablon, Pierre Grassin. L’écu des Grassin portait : « de gueules à 3 lis de jardin d’argent ». Enfin, l’écu d’Ablon est timbré de la couronne murale à 3 tours, semblable à celle que portaient les déesses grecques tutélaires des cités ».
Personnalité emblématique de la ville
Alain Poher
Alain Poher était un homme politique français qui a joué un rôle important dans la vie politique française au cours du XXe siècle. Né le 17 avril 1909 à Ablon-sur-Seine et décédé le 9 décembre 1996 à Paris, il était membre du parti politique centriste appelé le Centre démocrate (anciennement appelé le Mouvement républicain populaire).
Alain Poher est surtout connu pour avoir été le président du Sénat français ayant occupé le poste pendant la plus longue période (8 mandats, soit 24 ans). Il a également été Président par intérim de la République française à deux reprises. La première fois était en 1969, après la démission du Président Charles de Gaulle, et la seconde fois en 1974, après la mort du Président Georges Pompidou. Dans les deux cas, il a assuré l’intérim jusqu’à l’élection d’un nouveau président.
Alain Poher était respecté pour sa compétence et sa neutralité politique. Il était souvent considéré comme un homme politique consensuel et un défenseur des institutions démocratiques. En plus de son rôle politique, il était également un universitaire éminent et a été professeur de droit constitutionnel à l’Université de Paris.
En résumé, Alain Poher était un homme politique français qui a occupé de hautes fonctions au sein du Sénat et a été président par intérim de la République française à deux reprises. Il était respecté pour sa neutralité politique et sa longue carrière politique au service de la France.
17 avril 1909
Naissance à Ablon-sur-Seine dans une famille d’origine bretonne.
Il passe ses années de lycée à Louis Le Grand et Saint Louis, obtient une licence de droit, un diplôme de l’école libre des Sciences Politiques et un diplôme d’ingénieur civil des mines.
1939 - 1941
Rédacteur principal, puis sous-chef de bureau, à l’administration centrale du ministère des Finances
1940
Il est grièvement blessé au front.
1941
Entrée en Résistance dans le réseau Libération-Nord
20 juillet 1944
Président du comité de libération au ministère des Finances
A l’issue de la guerre, il reçoit la Croix de guerre 1939-1945 et la Médaille de la Résistance Française.
1er janvier 1945
Chef des services sociaux du ministère des Finances
1945
Maire d’Ablon-sur-Seine
26 juin - 28 novembre 1946
8 décembre 1946
Membre du premier conseil de la République
1946 - 1948
Rapporteur général de la commission des finances au Conseil de la République.
16 juillet 1948
Administrateur civil de première classe au ministère des Finances
5 - 10 septembre 1948
Secrétaire d’État aux Finances et Affaires économiques (Cabinet Schuman)
11 septembre - 20 novembre 1948
Secrétaire d’État au Budget (Cabinet Queuille)
10 novembre 1948
Candidat aux élections sénatoriales
26 novembre 1948 - avril 1950
Commissaire général aux Affaires allemandes et autrichiennes
31 janvier 1950 - 1952
Délégué de la France et président de l’Autorité internationale de la Ruhr
18 mai 1952
Elu sénateur de Seine-et-Oise – Groupe du Mouvement républicain populaire (M.R.P.)
10 juillet 1952 - 1958
Membre de l’Assemblée commune de la Communauté européenne du charbon et de l’acier
Président de la commission des transports
1954 - 1957
Président de la commission du Marché commun de cette même assemblée. Président du groupe sénatorial du M.R.P.
28 novembre 1953
Président du Conseil supérieur du commerce
19 février 1954
Administrateur de classe exceptionnelle au ministère des Finances
Octobre 1955 - Avril 1956
Président de la commission gouvernementale franco-allemande pour la canalisation de la Moselle
7 novembre 1957 - 9 juin 1958
Secrétaire d’Etat aux Forces armées Marine (Cabinet Gaillard)
19 mars 1958 - 20 décembre 1977
Membre de l’Assemblée des Communautés européennes
8 juin 1958
Réélu sénateur (M.R.P.) de Seine-et-Oise
Février 1959
Février 1959 - mai 1962
Membre du bureau politique du M.R.P.
Mars 1959 - mars 1966
16 avril 1959
1959 - 1960
7 mars 1966 - 11 mars 1969
Décembre 1967 - janvier 1969
22 septembre 1968
3 octobre 1968 - 1er octobre 1992
Bien qu’il ne se soit pas initialement porté candidat, élu Président du Sénat (réélu en 1971, 1974, 1977, 1980, 1983, 1986 et 1989)
Janvier 1969
28 avril 1969
Démission de De Gaulle. Poher exerce provisoirement les fonctions de Président de la République jusqu’au 19 juin suivant.
Campagne électorale pour la présidence de la République
Mars 1971
2 avril 1974
Mort de Georges Pompidou. À nouveau, Alain Poher exerce les fonctions de Président de la République par intérim jusqu’au 19 mai de la même année, date de l’élection de Valéry Giscard d’Estaing.
Juin 1974 - octobre 1983
Mars 1977 - mars 1983
Juin 1977
Président d’honneur fondateur de l’Association des Libertés
25 septembre 1977
Avril 1980
28 septembre 1986
9 décembre 1996
Mort à Paris
Église Notre-Dame de l’Assomption
À l’origine se trouvait une petite chapelle dédiée à la Vierge, détruite en 1841.
L’église actuelle est construite au même emplacement. Elle est décorée de vitraux évoquant la vie de Saint Louis et celle de la Vierge. Une chapelle est dédiée à Saint Pierre. L’architecture de l’édifice a été modifiée dans les années 1960 : le chœur et le transept anciens ont été démolis puis remplacés par un chœur à six travées, dont le style est typique de l’après-guerre. La nef et le chœur ont été refaits par l’architecte Griat.
À voir :
Dalle funéraire de 1458.
Tableau : le Christ devant le Sanhédrin, vitraux dalles de verre, nef monobloc, chœur fausses-pierres-peintes.
Barrage et écluse
Au XIXe siècle, plusieurs écluses et barrages sont installés le long de la Marne et de la Seine afin d’améliorer la navigation fluviale et le débit de l’eau. C’est notamment le cas du barrage-écluse d’Ablon-sur-Seine.
L’écluse d’Ablon est construite entre 1860 et 1864 dans le but de réguler le trafic sur la Seine, qui ne fait qu’augmenter. 40 ans plus tard, le trafic augmentant toujours, une seconde écluse est construite, côté Vigneux cette fois-ci, de l’autre côté de la rive.
En 1982, le barrage et l’écluse à sas d’Ablon sont entièrement rénovés et leur système vétuste est remplacé par des équipements plus modernes, à l’image du barrage-écluse du pont du Port à l’Anglais de Vitry-sur-Seine. De nombreux changements ont encore été apportés au système au début de l’année 2022 (plusieurs portes en acier riveté datant de 1880 ont été changées).
À noter qu’au niveau du barrage, une passerelle ouverte sans interruption, permet de rejoindre Vigneux-sur-Seine. Elle peut être empruntée à pied comme à vélo.
Mairie d'Ablon-sur-Seine
- 16 rue du Maréchal Foch, 94480 ABLON-SUR-SEINE
- 01 49 61 33 33